Qui êtes vous?

Qui êtes vous?
Mais au fait qui êtes-vous?
Avant d'aller plus loin, j'aimerais vous connaître mieux, cher lecteur inconnu. Ce livre'blog est interactif.
Déclinez dans vos commentaires vos noms, âge, sexe, nationalité, profession.
Décrivez-vous.
Quels sont vos pôles d'intêret dans la vie?
Quelles sont vos forces et vos faiblesses?
Quel est votre souvenir le plus agréable? Et le plus pénible?
Parlez-moi un peu de vos parents, de vos amis et de vos ambitions.
Quel genre de musique écoutez-vous?
Quel genre de livre lisez-vous (si vous lisez^^)?
Qu'est ce qui vous énerve le plus?
Qu'est ce qui vous enthousiasme le plus?
Oh...et puis peu importe. Je sais qui vous êtes. Je sens votre main qui carressent la souris ou l'ecran de l'ordinateur. C'est assez jouissif d'ailleurs. Sur le bout de vos doigts, dans les sinuosités de vos empreintes digitales, je lis vos caractéristiques les plus secrètes.
Tout est inscrit dans le moindre fragment de vous. Je perçois même les traces de vos ancêtres.
Dire qu'il a fallu que ces milliers de gens ne meurent pas trop jeunes, draguent et s'accouplent pour arriver jusqu'à votre naissance.
Aujourd'hui, j'ai l'impression de vous voir en face de moi. Non, ne souriez pas, restez naturel. Laissez-moi voir plus profondément en vous. Vous n'êtes pas seulement un nom et un prénom avec une histoire sociale.
Vous êtes 71% d'eau claire, 18% de carbone, 4% d'azote, 2% de calcium, 2% de phosphore, 1% de potassium, 0,5% de soufre, 0,5% de sodium, 0,4% de chlore. Plus une belle cuillère à soupe d'oligo-éléments divers: magnésium, zinc, manganèse, cuivre, iode, nickel, brome, fluor, silicium. Et une petite pincée de cobalt, aluminium, molybdène, vanadium, plomb, étain, titane, bore.
Voilà la recette de votre existence.
Tous ces matériaux proviennent de la combustion des étoiles et ils sont répartis ailleurs que dans votre corps. Votre eau est similaire à celle du plus anodin des océans, votre phosphore vous rend solidaire des allumettes et votre chlore est semblable à celui qui sert à désinfecter les piscines.
Mais vous n'êtes pas que ça!
Vous êtes une cathédrale chimique, un jeu de construction faramineux avec des dosages, des équilibres, des mécanismes d'une complexité à peine concevable. Car vos molécules sont elles-mêmes formées d'atomes, de particules, de quarks, de vide, le tout lié par des forces éléctromaniétiques, gravitationnelles, éléctroniques d'une subtilité qui vous dépasse.
Quoique. Si vous avez réussi à trouver ce blog, c'est que vous êtes malin et que vous connaissez déja beaucoup de choses de mon monde. Quavez-vous fait de ce savoir? Peut être une révolution? Peut être une évolution? Sûrement rien.
Maintenant installez-vous un peu mieux pour lire. Tenez votre dos droit, respirez plus amplement. Décontractez votre bouche. Ecoutez-moi!
Tout cela, tout ce qui vous entoure dans le temps et l'espace ne sert pas à rien. Vous ne servez pas à rien. Votre vie éphémère a un sens, elle ne mène pas nulle part.
Tout a un sens. Ce n'est pas un hasard, si vous êtes là en train de lire.
Respirez amplement, détendez vos muscles, ne pensez plus à rien d'autre qu'à l'univers dans lequel vous n'êtes qu'une infime poussière.
Imaginez le temps en accéléré.
Pfout, vous naissez, éjécté de votre mère comme un vulgaire noyau de cerise. Tchac tchac, vous vous empiffrez de milliers de plats multicolores, transformant quelques tonnes de végétaux et d'animaux en excréments.
Pif, vous êtes mort.
Quavez-vous fait de votre vie?
Pas assez...
Faites quelque chose, n'importe quoi, de tout petit même, mais bon sang, faites quelque chose de votre vie avant de mourir.
Vous n'êtes pas né pour rien.
Trouvez pourquoi vous êtes né.
Quelle est votre minuscule mission?
Vous n'êtes pas né par hasard!


extrait du livre secret des fourmis Encyclopédie du savoir relatif et absolu de Bernard WERBER

ps: j'ai un peu modifié le texte puisque nous sommes sur un blog et non dans un ouvrage écrit sur papier!

# Posté le mardi 28 février 2006 13:00

Modifié le mercredi 01 mars 2006 14:55

Quand nous mourrons.

Quand nous mourrons.
Dés le moment où un être humain meurt et reste à l'air libre, mouches, vers et punaises se succèdent sur nos dépouilles dans un ballet dont la chorégraphie est immuable. En général, les premières actrices sont les mouches Calyphora, dites aussi "mouches bleues". Elles se régalent de nos chairs fraîches, puis pondent leurs oeufs dans les interstices de notre cadavre. Dés que nos muscles commencent à pourrir, elles s'en vont car elles détestent tout ce qui est en état de putréfaction. Le relais est pris par les mouches vertes (Chrysomies) qui, elles, adorent quand la chair est un peu boucanée. Elles mangent un peu et pondent leur progéniture. Puis viennent les mouches grises (Sarcophaga) qui font de même.
Ce n'est qu'une fois que les premières escadrilles de mouches ont opéré qu'apparaissent les coléoptères: dermeste du lard et dermeste noir. Ils commencent le travail de nettoyage qui va permettre à notre corps de se recycler dans une mère nature.
Ils mangent.
Puis viennent les petites mouches Piophiles, dont les larves avides de fermentation se trouvent aussi dans les fromages trop faits (style munster ou fromage corse). Enfin le ballet s'achève par des diptères Ophyres, des nécrophores et même de minuscules araignées, chacun ne mangeant que sa part et laissant intacte celle des suivants. Il suffit de regarder l'action des cohortes de nos "recycleurs" pour déduire l'heure et l'histoire d'un cadavre. Si une cohorte manque, c'est peut-être que le cadavre a été déplacé.
Nous sommes vraiment peu de chose.


extrait de l'encyclopédie du savoir relatif et absolu d'Edmond Wells ou plutôt de Bernard Werber

# Posté le mercredi 01 mars 2006 14:46

Modifié le lundi 09 juillet 2007 16:10

Alchimie

Alchimie
Toute manipulation alchimique vise à mimer ou à remettre en scène la naissance du monde. Au départ, la première phase se nomme la phase du corbeau, dite aussi "oeuvre au noir". On prend la "materia prima" et on la chauffe aprés y avoir placé de la terre. C'est une phase de calcination et c'est pour cela qu'on la nomme "l'oeuvre au noir". Le feu arrive et brûle, séparant les éléments calcinés et transformant le solide en liquide, la terre en eau. A ce moment revient le feu, le liquide part en vapeur. Celle-ci contient des éléments qui retombent se déposer sur les parois. L'opération s'appelle "l'oeuvre au blanc". Puis le produit rebouillonne et finit par former un second dépôt sur les parois. On nomme cela "l'oeuvre au rouge". Cette dernière phase, dite " sublimation", consiste en la fixation d'une poudre d'or qui va elle-même donner naissance à la pierre philosophale. Cette poudre, c'est par exemple celle de Merlin l'enchanteur dans la légende des chevaliers de la Table ronde. Tout récit construit n'est qu'une reproduction de l'histoire de la pierre philosophale et donc de l'univers. Il va du simple au compliqué, de la matière brute, le sable, vers l'or raffiné, de l'ignorance vers le savoir. Il n'y a là aucun miracle. L'alchimie est une allégorie et la pierre philosophale se trouve dans la tête de chacun, ce n'est qu'une manière de bien "être" dans le monde. Ce qui n'est déjà pas si facile...


extrait de l'encyclopédie du savoir relatif et absolu d'Edmond wells ou Bernard Werber
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# Posté le vendredi 03 mars 2006 17:55

Le poison

Le poison
Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D'un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d'un portique fabuleux
Dans l'or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.


L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,
Allonge l'illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l'âme au-delà de sa capacité.


Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.


Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remords,
Et, charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort!



extrait des Fleurs du mal de Baudelaire

# Posté le vendredi 10 mars 2006 05:35

La mort et ses multiples facettes...

La mort et ses multiples facettes...
Ne dites pas mourir, dites naître." -Victor Hugo-

"Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement." -La Rochefoucauld-

"Ô Mort, le seul baiser aux bouches taciturnes." -Stephane Mallarmé-

"On ne meurt qu'une fois et c'est pour si longtemps!" -Molière, Le dépit amoureux-

"La mort ne surprend point le sage: il est toujours prêt à partir." -Jean de La Fontaine, La mort et le mourant-

"Que vous êtes pressante, ô déesse cruelle!" -Jean de La Fontaine, La mort et le mourant-

"Que ce mot, si court, est insondable et terrible!" -Guy de Maupassant, Correspondances-

"Tous les jours vont à la mort, le dernier y arrive." -Montaigne, Essais-

"La mort nous égale tous; c'est où nous attendons les gens heureux: elle rabat leur joie et leur orgueil, et console par là ceux qui ne sont pas fortunés." -Mme de Sévigné, Lettres-

"Et vraiment, quand la mort viendras, que reste-t-il?" -Paul Verlaine-

"Les morts, ce sont les coeurs qui t'aimaient autrefois." -Victor Hugo-

"Il y a plus de morts que de vivants et ce sont les morts qui dirigent les vivants." -Auguste Comte-

"Heureux ceux qui sont morts, car ils sont retournés dans la première argile et la première terre. Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre. Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés..." -Charles Péguy, Eve-

"Il est bon d'apprendre à mourir, par volonté, non d'un coup traître: Souffre-t-on? C'est qu'on veut souffrir; Qui sait mourir n'a plus de maître." -Sully Prudhomme, Poésies-


Voilà de quoi mediter...

# Posté le vendredi 10 mars 2006 05:40